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Vers une politique culturelle du chantier

Le plasticien comme acteur du projet urbain durable ?

Objectifs et résumé du projet

Ce projet de recherche propose, à travers l’analyse critique et participative d’une expérience présentée comme exemplaire par les maitres d’ouvrage menée à Ivry-sur-Seine, d’explorer l’impact possible des plasticiens comme nouvel acteur transformatif du projet d’urbanisme opérationnel. La démarche HQAC proposée par Stefan Shankland dans deux ZAC de la ville vise à réintroduire la période de la friche et du chantier dans les temps actifs de la production urbaine en établissant des rencontres créatives entre deux continuités souvent ignorées, vers le passé du site d’une part et vers son devenir, de l’autre. Du côté du passé, en mettant en œuvre des installations et des lieux de création basée sur le recyclage et la récupération des matériaux de démolition et de chantier, la démarche HQAC tente de réinscrire symboliquement le présent du chantier dans une histoire portée par des restes élevés au rang de traces (Brocchini 2006), forme de témoignages, mais aussi d’héritages requalifiés. Les habitants, les étudiants des écoles d’architecture et des beaux arts (professionnels dans l’avenir proche) et notamment les enfants des écoles seraient ainsi amenés à porter un nouveau regard sur un espace et un temps autrement supposé comme relativement invisible et de peu de valeur (voir à ce sujet Hayden 1997). De même, les aménageurs, les entreprises, les concepteurs, les services techniques et les élus se sentiraient investis dans un processus pris dans une nouvelle visibilité publique (Brighenti 2007). Du côté du devenir, cette nouvelle publicité du chantier met en évidence les phases de travaux et leurs relations avec les images largement diffusées du projet final. Le suivi sur plusieurs années, parfois sur une dizaine d’années, permettrait ainsi à la démarche HQAC de construire chez les acteurs professionnels et civils du projet un nouvel imaginaire urbain intégrant dans le devenir du site à la fois son histoire matérielle et les expériences du chantier. Nous faisons ici l’hypothèse que les expériences sociales et esthétiques des ateliers de création et des expositions artistiques successives sont le medium qui permet au plasticien de faire passer la dimension patrimoniale exprimées dans les productions matérielles au statut de mémoire sociale et collective dès lors portée non plus par des artefacts mais par ce que nous appellerons un « public du chantier. »Dans ce cas, la démarche artistique consisterait en un renversement des conceptions les plus courantes des mécanismes du développement durable. Au lieu de changer les mentalités pour inciter à une meilleure gestion des ressources par le recyclage et l’économie de matériaux, message écologique déjà diffusé par de nombreux médias, la démarche HQAC tâcherait d’utiliser les matériaux recyclés comme des moyens de transformer la façons dont les acteurs conçoivent la durabilité de l’aménagement urbain. C’est ce renversement de perspective que nous proposons d’analyser.

Résultats scientifiques et apports pour les politiques publiques

Projet en cours