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L’aseptisation des ambiances piétonnes au XXI° siècle

Entre plasticité et passivité des corps en marche

Objectifs et résumé du projet

Au XXIe siècle, les préoccupations écologiques modifient le visage de la ville. Au nom du respect de l’environnement et de la qualité de la vie urbaine, les municipalités réduisent la place des véhicules motorisés et accroissent leur périmètre piéton. Ces transformations urbaines s’accompagnent d’un triple mouvement d’aplanissement, d’esthétisation et d’aseptisation des espaces publics, dont les conséquences sur les cadres sensibles ordinaires sont à questionner. Ce projet exploratoire s’intéresse précisément à ces nouvelles ambiances piétonnes et à leur influence sur les manières de cheminer et d’être en ville aujourd’hui : comment marche-t-on dans la ville du XXIe siècle ? en quoi ces manières de marcher témoignent-elles des transformations actuelles de nos environnements urbains ? En mobilisant la philosophie simmelienne et benjamienne sur les transformations de la grande ville, peu prise en compte par la problématique des ambiances, notre objectif est double. Il s’agit d’une part de qualifier ces ambiances piétonnes en réaffirmant la préséance du piéton. Dans cette perspective, cette figure du piéton, nouvel enjeu de la ville durable pour les politiques publiques, est érigée en analyseur éclairé des modes d’articulation entre l’évolution de la ville et celle des pratiques de cheminement. Deux modalités sensibles, particulièrement mises à l’épreuve par ces transformations urbaines et encore peu étudiées, seront explorées : le tactile (au sens large du terme) et l’olfactif. Il s’agit d’autre part de questionner l’opérationnalité de la notion d’ambiance pour le champ de la planification urbaine, et particulièrement sa capacité à renouveler la pensée aménagiste sur la ville piétonne. À ce sujet, nous faisons le choix de privilégier une échelle d’analyse première dans ce rapport aux transformations urbaines : celle du corps en mouvement. Les expressions corporelles du piéton, sur lesquelles nous focaliserons notre attention, seront donc ici considérées comme des signes sensibles manifestes et observables des rapports pluriels (d’adaptation, de résistance, de protection, de passivité, de maîtrise, de contrôle…) et ambivalents du piéton aux ambiances urbaines. De ce point de vue, il s’agira de construire une typologie de ces corps en marche dans la ville qui rende compte de la nature de ces rapports. Ce projet s’organise sur 18 mois et associe deux équipes de recherche avec lesquelles des discussions sont déjà amorcées sur cette thématique :

  • le Centre Léa Roback à Montréal, pour son expertise sur les déterminants de la marche en ville et les enjeux de leur prise en compte dans l’aménagement urbain,
  • le Laboratorio urbano à Salvador da Bahia, pour ses réflexions sur les nouvelles esthétiques et leur impact sur les corpographies urbaines

Le travail s’organise autour de rencontres par visioconférence et de trois workshops. Les premières permettent aux équipes de tenter de construire un vocabulaire commun autour de la proposition. Les workshops permettent, eux, une confrontation des divers outils d’analyse proposés sur un ensemble de corpus (vidéo et écrits) existants dans chaque équipe. Thématiques, ils sont pris en charge par chaque équipe et les conduiront à produire une exposition photo destinée à sensibiliser le champ de la planification urbaine aux enjeux (sensibles, sociaux) des transformations urbaines.

Résultats scientifiques et apports pour les politiques publiques

Projet en cours