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L’ambiance est dans l’air

La dimension atmosphérique des ambiances architecturales et urbaines dans les approches environnementalistes

Objectifs et résumé du projet

Au travers d’un objet commun qui est l’atmosphère, ce projet de recherche court et à visée exploratoire propose de mettre les travaux relatifs aux ambiances architecturales et urbaines à l’épreuve des approches environnementalistes et ainsi de commencer à évaluer plus largement leurs apports réciproques. L’hypothèse générale guidant notre projet est celle d’un rapprochement possible et nécessaire entre ces deux modes d’approche de l’environnement, de prime abord très éloignés.  D’un côté, la recherche sur les ambiances dont l’attention, centrée sur l’expérience sensible et les pratiques usagères, s’inscrit dans une logique de compréhension et de prise en compte des modes d’habiter à une micro-échelle ; de l’autre, les approches qui, tournées vers les questions de risques et de santé publique, engagent une planification et une gestion de l’environnement urbain à une macro-échelle.  Cette hypothèse est en particulier sous-tendue par le constat d’une tendance à désormais considérer l’environnement comme un ensemble de ressources autant que comme une contrainte et à faire de la question environnementale une question de société au sein de laquelle l’aménagement urbain prend place. De manière plus précise, notre projet de recherche entend ouvrir trois chantiers :

  • Un chantier théorique, par lequel nous proposons de débattre et de mettre en résonance les travaux sur les ambiances avec des écrits actuels qui discutent les notions d’environnement et d’atmosphère (Sloterdijk, Latour, Beck etc.) ; il s’agit ainsi de tester les déplacements possibles entre la notion d’ambiance et les approches environnementalistes ;
  • Un chantier méthodologique, destiné à évaluer les apports réciproques possibles entre des méthodes développées dans le domaine des ambiances architecturales et urbaines et celles du champ environnemental.  Il s’agit alors de poser la question de ce qui pourrait permettre une conciliation scientifiquement recevable et en même temps pragmatique entre les deux.  Sur cette question, suivant une première formulation suite à des expériences récentes, nous faisons l’hypothèse du dispositif graphique de la coupe architecturale et urbaine comme lieu de rencontre entre des échelles et des registres de réflexion différents.
  • Un chantier de mise en pratique, visant à développer des modalités de médiation entre les acteurs de la recherche scientifique et ceux de l’opération urbaine et/ou territoriale.

Deux catégories de questions seront traitées plus particulièrement dans les séminaires à partir d’un corpus déjà existant sur deux villes : Grenoble et São Paulo :

  • Celles qui concernent les différents registres de connaissance impliqués lorsqu’on parle d’ambiance et d’environnement, ceci entre techniciens, élus, scientifiques et usagers.  Quand et comment les acteurs arrivent-ils (ou pourraient-ils mieux arriver) à articuler leurs connaissances du territoire, qu’elles soient principalement implicites (comme dans le cas des usagers) ou plutôt explicite (notamment chez les scientifiques) ?
  • Celles des outils de représentation / communication / négociation.  Comment, et grâce à quels moyens de représentation, arrive-t-on à « croiser des données » et à faire le passage du domaine de la réflexion à celui du projet ? Si la coupe n’est pas en soi garant de ce croisement, sous quelles conditions, en étant soumis à quel « protocole », pourrait-elle donner lieu au processus collaboratif et de négociation, ceci à la fois dans la production de connaissances, dans l’activité de projet et, enfin, dans les mouvements réciproques entre l’un et l’autre ?

Loin d’opposer les enjeux locaux (correspondant à la compétence usagère) et globaux (reflétant les savoir et savoirs-faire d’acteurs et de scientifiques de l’urbain), cette démarche nécessite :

  • L’implication des instruments techniques dans la recherche, qu’ils soient ceux des rendus environnementaux autant que ceux des outils de communication et de participation des usagers ;
  • La redéfinition de nouveaux enjeux pour la production de connaissances liées à des pratiques et à des processus situés et en cours ;
  • L’expérimentation d’un dispositif de recherche qui ne séparerait plus la production de connaissance générale, l’implication territoriale et la réflexion d’outils de représentation et de communication.

Avec Grenoble et São Paulo, il ne s’agit pas de comparer les deux villes, mais bien au contraire de tester dans deux situations urbaines radicalement différentes (que ce soit par l’échelle, le mode de gouvernance et les enjeux environnementaux) le rôle de la dimension atmosphérique des ambiances architecturales et urbaines dans les approches environnementalistes. Un déplacement est donc nécessaire au niveau des équipes de recherche. Il va s’agir pour l’équipe grenobloise de mettre un peu en cause les idées établies de la notion d’ambiance pour prendre en compte les enjeux environnementaux. Inversement, pour l’équipe brésilienne, spécialiste des enjeux de santé publique, il va falloir évaluer comment l’entrée par les ambiances amène quelque chose de nouveau dans leurs préoccupations environnementalistes.  Dans les deux cas, les déplacements de perspectives devront s’effectuer simultanément sur les plans théorique, méthodologique et opérationnel. Ce projet court et à visée exploratoire s’appuie principalement sur deux actions récentes en les prolongeant : une recherche ACI « Variations d’ambiances. Processus et modalités d’émergence des ambiances urbaines », (dir. Jean-Paul Thibaud, 2007) impliquant entre autres pays, le Brésil (São Paulo) et un projet scientifique et pédagogique « Chaleurs urbaines », (dir. Nicolas Tixier, 2007-08) impliquant parmis les partenaires la Ville de Grenoble et la Communauté d’agglomération (Metro).

Résultats scientifiques et apports pour les politiques publiques

Projet en cours